Un mouvement d’opposition gabonais accuse Ali Bongo de faire pression sur la présidente intérimaire afin de verrouiller le processus de transition vers l’élection d’un successeur à Omar Bongo Ondimba.
Selon un communiqué de l’Alliance des Acteurs Libres du Gabon (AALG, un mouvement d’opposition gabonaise de la Diaspora), reçu hier par AGA MEDIAS, M. Ali BONGO ONDIMBA, Ministre de la Défense du Gabon et fils du défunt Président gabonais, exercerait depuis son installation au Palais du « Bord de la mer », de fortes pressions sur Mme Rose Francine Rogombe, la présidente par intérim en vue de s’imposer par la force, dans la course ouverte à la magistrature suprême gabonaise.
Citant des sources gouvernementales à Libreville, Bruno BEN MOUBAMBA, porte-parole de ce mouvement et signataire dudit communiqué, soutient que les pressions de M. Ali BONGO ONDIMBA auraient pour objectif principal d’amener Mme Rose Francine Rogombe à nommer au poste de Premier Ministre Monsieur Théophile MBA ANDEME, un proche du tandem dit des Rénovateurs du PDG Ali BONGO ONDIMBA/André MBA OBAME. Ce dernier étant ministre de l’intérieur, le tour de verrouillage serait ainsi joué.
La nomination d’un proche du tandem Ali Bongo/Mba Obame, en remplacement de l’actuel titulaire, Eyeghe Ndong, qui a annoncé, vendredi dernier, son engagement au nom du gouvernement à organiser des élections crédibles dans les délais impartis par la Constitution, permettrait de verrouiller le processus électoral et d’imposer « leur » homme aux Gabonais. En l’occurrence Ali Ben Bongo Ondimba, qui n’a accepté que la mort dans l’âme le processus de transition constitutionnelle actuelle. Ou le cas échéant André Mba Obame.
La tête de Eyeghe Ndong mise à prix en vue de verrouiller le processus de transition
S’insurgeant contre les comportements monarchistes qui transparaissent dans les attitudes ci-dessus décrites, l’ARLG affirme que « Le Gabon n’est pas une monarchie ». De fait, pour ce groupe de Gabonais qui se considère comme étant de la « nouvelle opposition » le fils du défunt Président ne peut pas imposer ses vues à la Présidente intérimaire. « Il est nécessaire que la volonté du Peuple soit respectée pour une fois en Afrique francophone », concluent-ils. Tout en appelant la France, l’Europe et les Etats-Unis à appuyer la Démocratie au Gabon pour préserver la Paix civile et les équilibres dans la sous-région, le mouvement d’opposition de la diaspora gabonaise, invite à la médiation de Nicolas Sarkozy qui sera à Libreville mardi prochain lors des obsèques officielles de Omar Bongo Ondimba. « Le Président français peut marquer l’Histoire au Gabon comme Barak Obama a impressionné le monde musulman lors de son discours du Caire » indique le communiqué signé à Paris le 13 juin dernier.
De même l’ARLG invite Madame Rose Francine Rogombe à consulter toutes les forces vives de la Nation pour s’entourer des meilleurs de chaque camp, y compris l’actuel Premier Ministre, l’Opposition historique, la Nouvelle Opposition. C’est selon ce mouvement, la seule condition qui éviterait au Gabon d’ouvrir la même boîte de Pandore que la Côte d’Ivoire jadis. Pour ce mouvement enfin, la Présidente intérimaire doit être placée sous la Protection de la France, de l’Union Africaine et de la Communauté Internationale afin d’engager sereinement les consultations nécessaires pour qu’une équipe indiscutable l’entoure et prépare une transition objective et des élections transparentes
Dépêche du 14 juin 2008.
Le Gabon, un pays si riche… mais très pauvre. Décryptage d’un authentique paradoxe socio-économique. Tel est le titre de l’ouvrage de Bertrand Feumetio. Extraits.
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